…tout est oublié, tout est pardonné !
Bon, nous voici en pleine campagne électorale et imaginez-vous donc que Christine Fréchette et sa CAQ remontent dans les sondages. Qui l’eût cru ? Après la descente aux enfers du gouvernement Legault, pratiquement tous les analystes prévoyaient la disparition pure et simple de ce parti. C’était sans compter sur l’intrusion d’acteurs bien préparés et d’événements bien orchestrés qui allaient rendre amnésiques des électeurs québécois beaucoup trop crédules.
Carney s’allie à Fréchette, Trump s’invite dans la campagne
Voici la chronologie des événements récents qui ont redéfini la campagne :
17 août 2026
Mark Carney, Christine Fréchette et Terre-Neuve-et-Labrador annoncent une entente sur Churchill Falls et un plan d’investissement de 70 milliards de dollars.
21 août 2026
Mark Carney annonce la suspension des négociations commerciales avec les États-Unis. Il n’a pu s’entendre avec les provinces sur les concessions à faire, tout en rejetant la responsabilité sur les Américains.
24 août
Mark Carney officialise avec Christine Fréchette le contrat de 11,3 milliards de dollars pour des brise-glaces au Chantier Davie.
27 août
Christine Fréchette déclenche les élections et se pose en défenseure des intérêts du Québec face aux tarifs de Trump même si, dans les faits, elle n’a aucun pouvoir de négociation.
3 septembre
Mark Carney annonce 4,7 milliards de dollars pour la construction de voitures de voyageurs de VIA Rail, un contrat qui fournira entre autres du travail à l’usine d’Alstom de La Pocatière.
Voilà, l’autonomisme de la CAQ est relégué aux oubliettes et le couple Carney-Fréchette s’allie à l’ombre de Trump pour définir la campagne électorale et faire oublier l’un des pires bilans qu’un gouvernement du Québec ait produit depuis belle lurette.
Rappel des ratés de la CAQ ces huit dernières années
Malgré le plus mauvais bilan de l’histoire du Québec en matière de finances publiques, de dette, d’investissements stratégiques et de planification des infrastructures, les électeurs québécois semblent avoir oublié ou, pire, avoir pardonné à la CAQ les promesses brisées et les ratés dans tous les domaines de la gestion de l’État. Voici une courte liste de ces échecs :
3e lien Québec-Lévis :
Cette promesse brisée et ce cafouillage ont duré pendant deux mandats.
Un médecin de famille pour tous :
Échec total avec de nombreux rebondissements, puis capitulation de la CAQ dans les négociations avec les syndicats de médecins, menant à la démission de Christian Dubé, ministre de la Santé.
Pandémie (jeunesse) :
Les mesures de confinement, le couvre-feu et les mesures sanitaires les plus sévères en Amérique du Nord ont produit des effets désastreux, surtout chez les jeunes, altérant négativement le parcours de vie de certains.
Pandémie (aînés) :
Plus de 5 300 aînés sont décédés en CHSLD et en RPA lors de la première vague. La coroner Géhane Kamel a confirmé que la décision de transférer des patients des hôpitaux vers ces établissements sans dépistage strict a agi comme un cheval de Troie.
Maternelles 4 ans et maisons des aînés :
L’objectif des 5 000 classes de maternelle 4 ans a été révisé à la baisse, même scénario pour les maisons des aînés. Autre échec dans l’évaluation des ressources et des budgets nécessaires.
SAAQclic :
Le scandale, la gestion politique et la supervision du dossier par la CAQ ont été dénoncés dans le rapport Gallant.
Dossier Santé Numérique (DSN) :
Les dépassements de coûts et la mauvaise planification ont forcé l’État à dépenser environ un demi-milliard de dollars pour maintenir en vie des systèmes désuets (incluant le fax).
Système SAGIR :
Le projet de refonte du système de paie et de gestion des ressources humaines a vu ses coûts exploser de plusieurs centaines de millions de dollars.
Négociations du secteur public (2023-2024) :
Le gouvernement a cédé aux syndicats (gain de 17,4 % sur cinq ans et protection contre l’inflation pouvant mener à 20,4 %). Ces hausses seront transférées au service de la dette publique pour les générations futures.
Infrastructures :
Pratiquement tous les projets d’investissement ont subi des augmentations budgétaires massives. Les évaluations de l’État se sont avérées fausses, menaçant notre capacité à combler le déficit d’entretien de 45 milliards de dollars.
Taille de l’État :
Promesse brisée d’abolir 5 000 postes. Entre 2018 et 2025, de 10 200 à 11 900 employés ont été ajoutés dans la fonction publique, et 97 800 dans les réseaux parapublics.
Filière batterie :
Le gouffre Northvolt, Taiga Motors, Lion Électrique et Nemaska Lithium (1,2 milliard de dollars d’aide à ce jour) représentent des milliards de précieux dollars des Québécois joués au casino de l’espoir.
Nominations partisanes :
La CAQ avait promis de mettre fin aux nominations de « petits amis » avant son élection en 2018. Faux, elle n’a jamais cesser d’y avoir recours.
Récompenser l’incompétence :
La pratique du gouvernement consistant à « dégommer » de hauts fonctionnaires tout en les gardant à l’emploi de l’État avec leur plein salaire en a révolté plus d’un. Trois hauts dirigeants liés au fiasco de la SAAQ en sont des exemples frappants parmi tant d’autres :
- Denis Marsolais (Ex-PDG de la SAAQ) : Limogé après le lancement de SAAQclic, il avait d’abord été recasé comme PDG de l’Office de la protection du consommateur en 2024. Tassé à l’été 2025, il a été affecté au bureau du secrétaire général du Conseil exécutif sans mandat défini. Salaire conservé : 310 063 $ par année (plus 610 $/mois pour son automobile et 4830 $/an en dépenses).
- Pierre E. Rodrigue (Ex-sous-ministre d’Éric Caire au Numérique) : Nommé président de l’Office des professions en février 2025, nomination annulée moins de 24 heures plus tard. Il s’est retrouvé dans un rôle-conseil pour le Secrétariat du Conseil exécutif. Salaire conservé : 283 911 $ par année.
- Éric Ducharme (Ex-PDG de la SAAQ) : Il a connu un scénario similaire et a été placé dans de nouvelles fonctions tout en conservant sa rémunération et ses avantages.
Bon, j’arrête ! J’aurais pu poursuivre encore longuement, surtout sur la dette, mais ce sera dans un autre article. Bref, en cette période d’élections, une partie des Québécois semble céder à l’illusion de l’« Équipe Christine Fréchette », qui se présente étrangement en défenseure des intérêts du Québec face à Donald Trump. Elle qui, pourtant, est au menu et non à table… La CAQ a remplacé son chef, mais « l’Équipe » d’incompétents qui a conseillé ce gouvernement pendant deux mandats reste majoritairement la même.
Pour l’avenir des générations futures, donner un autre mandat à « Équipe Christine Fréchette », c’est courir à la CAQastrophe !

